Réalisateur / Director : Nicolas Engel
Nicolas Engel (ici au côté de Jeanne Cherhal) grandit à Hong Kong et à Londres où naît son goût pour la comédie musicale. En 2005, il réalise son premier court métrage musical Les Voiliers du Luxembourg, puis approfondit son travail sur la fiction chantée avec "La Copie de Coralie".
(Depuis ce film, objet du présent blog, ARTE lui commande un Pocket film, Un premier amour (Prix de la Région Ile-de-France au festival Cinérail 2009). En 2010, il réalise dans le cadre de la Collection "Ecrire pour..." de CANAL+, le court métrage Le Crocodile du Dniepr, tourné à Kiev (Ukraine) avec Lou Doillon. Nicolas Engel prépare actuellement son dernier court métrage musical, Les Pseudonymes (France 2) et poursuit l'écriture de son long métrage.)
"Après avoir rendu hommage à Jacques Demy dans mon premier court métrage "Les Voiliers du Luxembourg", j’explore avec "La copie de Coralie" une autre direction du cinéma chanté et du film musical.
La musique trouve ici directement sa source dans l’environnement sonore du magasin, et l’équilibre du film repose entièrement sur l’alliage fragile entre musique et sons réels. La voix parlée glisse peu à peu vers la voix chantée, et la musique émerge naturellement, uniquement là où elle s’impose. On joue ainsi sur le passage du réel vers l’imaginaire, le présent s’exprimant en une parole stylisée et rythmique, et le passé, par le chant.
Ce film a été tourné en son direct, sans play-back. Cela m’a permis de gagner une grande liberté dans la réalisation, tout comme les comédiens dans leur manière d’investir le texte : nous n’étions plus contraints de coller à des voix préenregistrées en studio.
Avec Philippe Poirier, nous avons travaillé par aller-retour entre l’image et le son et fait évoluer la musique en plusieurs étapes. Une première version a été utilisée pour le tournage, les acteurs parlant ou chantant sur cette trame, tous munis d’oreillettes. Après une phase de montage image, Philippe a retravaillé l’ensemble de sa partition et finalisé les arrangements. En réajustant ainsi à chaque étape l’équilibre global et la dynamique du film, il s’agissait d’être au plus près de la relation musique/image.
La trame dramaturgique de La copie de Coralie est volontairement simple afin de laisser toute la place au travail du détail, essentiel à l’humour décalé du film. Serge Riaboukine y campe un personnage imposant et fragile. Si le magasin est à l’image de l’espace mental de Conforme, entre présent et souvenirs, la ville est pour lui sans attache; on n’en verra qu’un immeuble et une succession de murs gris. C’est le regard de Virginie (Jeanne Cherhal), celle par qui tout arrive, qui métamorphose la ville et donne vie à ses murs gris. Dans la continuité de ce que j’avais fait avec le peintre de rue Némo dans mon précédent film, j’ai voulu avec les pochoirs créés par Jef Aérosol explorer le thème de la ville et de ses signes récurrents, des murs comme porteurs de mémoire. Quant au personnage de Coralie (Juliette Laurent), c’est un peu comme le miroir inversé de Conforme par lequel il se confronte enfin à l’illusion dans laquelle il a ancré sa vie. "
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